Cap sur l’Europe : Vilius Armanavičius sur son retour et les ambitions européennes d’Hegelmann

Par Titas Teiten

Si les plus belles années du FC Hegelmann semblent, pour l’instant, derrière lui, un mot continue de nourrir l’optimisme : l’Europe. Malgré une campagne nationale décevante, la place de dauphin décrochée la saison dernière en TOPLYGA a offert au club du district de Kaunas un billet pour les tours préliminaires de l’UEFA Conference League. Même si les attentes sont plus modestes que celles qui entourent les deux clubs Žalgiris, une confiance discrète demeure dans le camp d’Hegelmann. Premier obstacle : le club baltique de Paide Linnameeskond, un adversaire largement jugé prenable pour l’équipe basée à Raudondvaris.

Ces dernières années, le FC Hegelmann s’est solidement installé comme l’une des forces émergentes du football lituanien. Le club a terminé deuxième de TOPLYGA en 2024 et 2025 et a disputé à trois reprises la finale de la Coupe de Lituanie, avec à chaque fois une défaite. Le palmarès se fait encore attendre, mais Hegelmann a régulièrement prouvé qu’il avait sa place parmi les candidats sérieux du pays.

Ce n’est plus le cas. Du moins pas cette saison. Avec seulement 19 points en 19 matches de championnat, Hegelmann pointe à la septième place, très loin des standards fixés ces dernières années. Un manque de régularité, combiné à un effectif qui peine à atteindre le niveau des campagnes précédentes, a laissé le club bien en dessous des attentes, en quête de réponses.

La scène européenne, elle, offre l’occasion de relancer l’histoire. Pour Hegelmann au premier tour de qualification, c’est l’Estonien Paide Linnameeskond qui se dresse. Si Paide réalise jusqu’ici une saison domestique plus solide, l’obstacle est loin d’être insurmontable. Actuellement quatrième de Premium Liiga estonienne, comme la saison passée, Paide représente un adversaire compétitif mais à la portée. Cette double confrontation pourrait peser lourd dans la saison d’Hegelmann : une chance de retrouver de la confiance et de rappeler aux supporters l’équipe qu’ils ont pris l’habitude de voir ces dernières années. Reste à savoir si Hegelmann saura saisir cette opportunité, mais une chose est sûre : le tirage lui laisse un vrai espoir.

Le capitaine du club, Vilius Armanavičius, de retour au FC Hegelmann cette année après un premier passage entre 2020 et la fin 2022, a évoqué son retour dans l’équipe du district de Kaunas, la détermination du groupe à retrouver son meilleur niveau, et les ambitions affichées avant les tours préliminaires de l’UEFA Conference League.

Tu as déjà beaucoup joué depuis ton retour à Hegelmann. Comment juges-tu ce come-back ? As-tu réussi à te réintégrer rapidement et à trouver ta place ?

Je ne dirais pas que mon retour se passe particulièrement bien, parce que ni l’équipe ni moi ne jouons au niveau attendu. Quand les résultats ne suivent pas, c’est difficile d’évaluer quoi que ce soit positivement. On a souvent l’impression d’être tout près de gagner, mais d’une manière ou d’une autre, les points nous échappent. Pour l’intégration, beaucoup de choses ont changé depuis mon dernier passage. Au début, ce n’était pas simple, mais maintenant j’ai le sentiment qu’on commence à développer notre identité et notre style de jeu.

Tu es revenu après de grands changements au club, avec l’entraîneur Andrius Skerla et le directeur sportif Giedrius Klevinskas qui ne sont plus là. À quel point ces changements se font-ils sentir dans le groupe, et qu’est-ce qui a le plus changé au quotidien ?

La différence se voit clairement. Quand je suis parti, on n’avait même pas notre propre stade. L’effectif aussi est complètement différent. Le coach Tadas Vilkevičius fait un excellent travail, je n’ai que du positif à dire sur lui. Est-ce qu’Andrius Skerla nous manque ? Quand tu as réalisé ta meilleure saison avec un entraîneur, tu repenses toujours à cette période avec de bons souvenirs. Giedrius Klevinskas a aussi fait un boulot formidable pour souder l’équipe. Je pense qu’on était plus compétitifs à l’époque.

Quels objectifs le groupe s’était-il fixés avant la saison ? À tes yeux, êtes-vous en train de vous en rapprocher, ou la régularité vous manque-t-elle encore ?

La régularité, c’est clairement ce qui nous manque. Notre objectif, c’est d’accrocher une place qualificative pour l’Europe, et c’est ce qu’on doit obtenir. On n’a évidemment pas l’un des plus gros budgets de la ligue. Personne n’est satisfait de notre position actuelle en TOPLYGA, surtout au vu du déroulé de la saison. Le classement est extrêmement serré, avec beaucoup d’équipes très proches. Le club n’est pas content, les joueurs non plus. Inutile de faire semblant.

Selon toi, qu’est-ce qui manque à l’équipe pour retrouver le niveau affiché par Hegelmann lors de ses meilleures périodes récentes ? En regardant l’effectif et vos prestations, as-tu le sentiment que votre place actuelle reflète le vrai potentiel du groupe, ou êtes-vous capables de bien plus ?

Bien sûr que je pense qu’on peut faire mieux. Mais quand je regarde les autres équipes, je vois aussi qu’elles méritent d’être là où elles sont. Elles ont développé leur identité, et même si certaines n’étaient pas annoncées favorites avant la saison, elles ont gagné leur place au classement. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’on peut regarder un effectif sur le papier et décréter qu’il sera champion. Regardez Banga Gargždai ou Džiugas. On ne peut pas dire qu’ils jouent mal. Leur style est efficace. La TOPLYGA est très compétitive cette saison, donc ça ne sert à rien de tirer de grandes conclusions à ce stade.

Les tours de qualification de l’UEFA Conference League approchent. Quel est l’état d’esprit dans l’équipe avant ce rendez-vous ? L’ambiance dans le vestiaire est-elle différente par rapport à un match de championnat ?

Impossible d’aborder ces matches comme les autres. Les enjeux sont bien plus importants. Chaque match de TOPLYGA est important pour nous, mais c’est naturel que l’Europe soit dans un coin de nos têtes. Je pense que notre plus grand adversaire, c’est nous-mêmes. On attend beaucoup de cette campagne, parce que ces matches peuvent vraiment donner du sens à notre saison. Si on passe le premier tour, je pense que la plupart des gens diront que finalement, la saison n’a pas été si mauvaise.

Le tirage vous a associé à des adversaires estoniens. T’es-tu déjà fait une idée sur eux ? À ton avis, où cette confrontation va-t-elle se jouer ?

Je ne les ai pas encore analysés en détail. Le staff les a observés et nous a partagé quelques éléments. Mais, comme je l’ai dit, notre plus grand adversaire, c’est nous. Parfois on joue avec confiance et liberté, et d’autres fois on est trop prudents. D’une certaine manière, c’est encore plus difficile quand tout le monde dit que l’adversaire est prenable. Je suis sûr qu’ils sont aussi contents de nous jouer que nous de les affronter. Je m’attends à une double confrontation très équilibrée.

Qu’est-ce que l’équipe considérerait comme une campagne européenne réussie ? Vous vous êtes fixé des objectifs précis en interne, ou vous ne regardez que le prochain tour ?

Pour moi, tout se joue au premier tour. Il faut le passer avant de penser à la suite. En Europe, ça ne sert à rien de regarder trop loin. Bien sûr que tout le monde rêve d’enchaîner plusieurs tours, mais là, on sait qu’on a une vraie chance de gagner cette première confrontation, et c’est exactement ce qu’on va viser.

Tu as déjà joué des compétitions européennes, mais ce seront tes premiers matches européens sous le maillot d’Hegelmann. Est-ce que ça les rend particulièrement importants pour toi ?

Ce sera un chapitre totalement nouveau. Tout sera différent. Mon expérience européenne avec Kauno Žalgiris, c’était une autre histoire, et, honnêtement, ces campagnes ont été décevantes. Je ne dirais pas qu’on est favoris sur ces matches. Globalement, on est sans doute légèrement outsiders, mais en même temps les équipes se valent beaucoup. Ce sont des matches à très gros enjeux. Si on affrontait un adversaire nettement plus fort, il y aurait en fait moins de pression.

À quel point ton vécu en Europe peut-il être utile au groupe ? Cette expérience donne-t-elle vraiment un avantage, ou chaque campagne européenne donne-t-elle l’impression de repartir de zéro ?

Personnellement, je n’ai pas l’impression d’avoir une énorme expérience européenne. Je pense que l’expérience devient bien plus importante quand tu as joué devant des foules énormes. Je l’ai vécu avec l’équipe nationale de Lituanie en Turquie, où tout le stade grondait. La première fois que tu joues dans une ambiance comme ça, tu te dis : « Qu’est-ce qu’il se passe ici ? » Mais si tu l’as vécu dix fois, ça devient normal. Comme aucune des deux équipes n’a une base de supporters particulièrement importante, je ne pense pas que l’expérience sera un facteur décisif.

Quel message aimerais-tu adresser aux supporters avant ces matches européens ?

J’aimerais inviter tout le monde à venir au stade et à nous soutenir. Ce soutien compte énormément pour l’équipe. De notre côté, on fera tout pour livrer notre meilleure prestation possible et se battre pour rien d’autre que la victoire. Notre objectif est d’atteindre le tour suivant et d’offrir à nos supporters un maximum de soirées européennes.

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