Cap sur l’Europe : Deividas Šešplaukis sur un nouveau départ, des tribunes plus garnies et le football continental

Cap sur l’Europe : Deividas Šešplaukis sur un nouveau départ, des tribunes plus garnies et le football continental
Photo : fkzalgiris.lt. Design réalisé par Baltic Football News.

Par Titas Teiten

Alors que le FK Žalgiris Kaunas lance sa campagne européenne, les regards se tournent aussi vers l’autre Žalgiris de Lituanie : le club historique de la capitale, Vilnius. Parmi les institutions les plus titrées du pays, le FK Žalgiris Vilnius s’est construit une réputation non seulement en Lituanie, mais dans toute la région baltique. Comme leurs homologues de Kaunas, ils traversent toutefois une saison domestique compliquée. Les compétitions européennes offrent désormais une occasion bienvenue de mettre les galères en championnat entre parenthèses, le football continental pouvant réécrire le récit d’une saison entière.

Avec 11 titres de champion de Lituanie, 14 Coupes nationales et neuf Super Coupes, le FK Žalgiris est le club le plus titré de l’histoire du football lituanien. Mais les lauriers d’hier ne garantissent rien aujourd’hui. Le club a traversé une période agitée, avec des prestations très en dessous des attentes. Une fin de saison dernière remarquable a finalement permis d’accrocher la troisième place du championnat et, avec elle, une qualification pour l’UEFA Conference League cette saison.

En coulisses, en revanche, le club s’est profondément transformé. Avec un nouveau conseil d’administration et sous la présidence d’Andrius Tapinas, le FK Žalgiris a retrouvé un nouvel élan. Les affluences moyennes à domicile sont montées à près de 3 000 spectateurs par match – un chiffre impressionnant à l’échelle de la TOPLYGA. Les installations les jours de match se sont aussi nettement améliorées : un espace VIP modernisé, de nouveaux panneaux LED et un écran géant plus grand viennent enrichir l’expérience des supporters.

L’optimisme grandit aussi autour du projet, attendu de longue date, du Stade National de Vilnius. Une fois achevée, l’enceinte de 18 000 places devrait devenir le plus grand stade de football du pays et son ouverture est actuellement programmée pour 2027.

Sur le terrain, l’inconstance a marqué la campagne 2025 du Žalgiris. Une défaite inquiétante 3-1 à domicile contre Hegelmann, le 24 mai, a semblé plonger le club dans la crise, avant qu’une série de trois victoires n’apaise les tensions et ne laisse penser que l’équipe avait enfin trouvé son rythme. Mais une nouvelle claque, un 3-0 contre Banga Gargždai le 20 juillet, a encore mis en lumière l’imprévisibilité de cette formation. Après 19 journées, Žalgiris est cinquième de TOPLYGA avec 28 points, même si un classement extrêmement serré ne les laisse qu’à deux points du leader.

Leur aventure européenne débute face au FK Petrovac (Monténégro) au premier tour de qualification de l’UEFA Conference League. Petrovac a terminé troisième de l’élite monténégrine la saison passée et n’a pas encore lancé sa nouvelle campagne domestique. Sur le papier, l’affiche ressemble à un défi abordable pour Žalgiris, et la qualification pour le deuxième tour sera l’objectif clairement assumé. Mais au vu de l’irrégularité affichée tout au long de la saison, pronostiquer l’issue de la double confrontation est loin d’être évident.

À l’approche de la campagne européenne, le milieu du FK Žalgiris Deividas Šešplaukis a évoqué une saison compliquée, les changements majeurs en coulisses et l’importance des prochains rendez-vous européens, susceptibles de définir leur année.

Cette saison, vous avez souvent été utilisé arrière gauche, alors que vous évoluiez surtout ailier ou milieu par le passé. Comment vivez-vous cette polyvalence ? Jouer latéral est-il devenu une vraie option pour vous ?

Je vais commencer par un peu de contexte, de mon passage à Kauno Žalgiris. Mon poste naturel a toujours été celui d’ailier offensif, mais notre entraîneur de l’époque, Mindaugas Čepas, a décidé de me faire reculer. Egidijus Vaitkūnas, notre arrière gauche titulaire, s’est blessé et le coach m’a dit que je devais dépanner à ce poste. Évidemment, je n’ai jamais dit que je ne voulais pas ou que je ne pouvais pas jouer à ce poste. C’est vraiment là que mon évolution de joueur a commencé.

Aucun de mes deux pieds n’est exceptionnellement fort, mais je suis à l’aise avec les deux, ce qui me donne de la flexibilité. Je pense que ma polyvalence aide les entraîneurs. C’est bénéfique pour eux, et c’est bien pour moi aussi. Je me sens à l’aise aussi bien en défense qu’au milieu. Naturellement, je préfère jouer au milieu, mais le football, c’est s’adapter aux besoins de l’équipe, et parfois ça veut dire jouer là où on a besoin de vous.

La saison dernière à Šiauliai n’a pas été simple pour vous, entre blessures et autres difficultés. Comment évaluez-vous votre saison individuelle à Žalgiris jusqu’ici ? Avez-vous atteint le niveau que vous attendiez de vous-même ?

Je pense clairement que je peux faire mieux. Quand on a des ambitions, on n’est jamais totalement satisfait. On a toujours l’impression qu’il y a un palier à franchir, même quand ça se passe plutôt bien. Le plus important, c’est que je suis en bonne santé maintenant. À Šiauliai, j’ai longtemps lutté avec des blessures, et j’ai aussi eu des problèmes personnels en dehors du terrain. Je ne me sentais pas moi-même. Il y a encore des aspects où je peux progresser, et je suis très exigeant avec moi-même. Je ne dirai jamais que je suis un grand joueur, parce qu’on peut toujours s’améliorer. Au final, il faut se prouver sur le terrain, pas avec des mots.

Selon vous, qu’est-ce qui explique l’irrégularité du Žalgiris cette saison ? Est-ce surtout lié aux performances sur le terrain, ou d’autres facteurs entrent-ils en jeu ?

Žalgiris est un club historique, avec les plus grandes ambitions. C’est un club qui veut dominer chaque match. Il y a cinq ou dix ans, Žalgiris gagnait des titres année après année et se détachait clairement de tout le monde. Mais le football a changé. Le Žalgiris d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. Tout le championnat a progressé. Les autres clubs se sont renforcés, leurs budgets ont augmenté, et le niveau général est bien plus élevé. Aujourd’hui, si vous laissez une équipe considérée plus faible sur le papier croire qu’elle peut rivaliser, elle vous rendra la vie très difficile.

Les adversaires jouent maintenant avec beaucoup plus de confiance, parce qu’ils voient que Žalgiris n’est plus intouchable. Il ne fait aucun doute qu’on a des joueurs talentueux, mais peut-être qu’on n’a pas réussi à fonctionner en équipe autant qu’on le voudrait. Cette irrégularité, on ne s’en satisfait pas. Je peux dire honnêtement que tout le monde travaille extrêmement dur à l’entraînement, et l’engagement est là tous les jours. C’est une saison difficile, mais c’est le football. Il faut accepter où l’on en est et continuer d’avancer. Rien n’est encore perdu, et je crois vraiment qu’on peut ramener Žalgiris là où il doit être.

Vous attendiez-vous à un début de saison aussi compliqué, ou étiez-vous convaincu que ça se passerait plus facilement ?

Je ne me prépare jamais à une mauvaise saison. Chaque année, j’attends le meilleur de moi-même et de l’équipe. J’essaie toujours de tout donner. Mais une fois la saison lancée, la réalité vous rattrape parfois. Vous vous rendez compte que des erreurs ont été commises, ou peut-être qu’on n’en a tout simplement pas fait assez nous-mêmes. Ça se voit sur le terrain : des incompréhensions, des moments où on ne se comprend pas autant qu’on devrait. Ça fait partie du processus quand une équipe se construit. Ça ne sert à rien de ressasser les saisons précédentes, ni même la première moitié de celle-ci. On doit se concentrer sur une fin de saison la plus forte possible.

Plusieurs nouveaux joueurs ont récemment rejoint le groupe. Comment jugez-vous leur intégration ? Peuvent-ils devenir des éléments clés lors des prochains matches européens ?

Les nouveaux joueurs ont évolué à un haut niveau dans des pays comme la Suisse, l’Ukraine et Israël. Je pense qu’ils vont nous renforcer et augmenter la concurrence au sein du groupe, ce dont on avait sans doute besoin. Je suis confiant : ils vont beaucoup nous aider. Le plus important, c’est de rester en bonne santé sur toute la saison.

L’an dernier, Žalgiris allait très mal et pointait à un moment à la huitième place, mais a quand même réussi à finir troisième. Le football se joue jusqu’au tout dernier match, et c’est exactement ce que le coach nous rappelle sans cesse. Ça ne sert à rien de se focaliser sur notre position aujourd’hui. Notre boulot, c’est juste d’être meilleurs au match suivant. On ne peut pas changer ce qui s’est déjà passé, on ne peut influencer que ce qui arrive.

Depuis le changement de propriétaire, on parle beaucoup des améliorations en dehors du terrain, du stade à l’objectif d’attirer plus de supporters. En tant que joueur, vous ressentez ces changements ?

Oui, clairement. On le voit les jours de match, parce que davantage de gens viennent au stade. Le travail réalisé par la nouvelle direction sur le marketing a été excellent. Ils méritent beaucoup de crédit, parce que quand ils promettent quelque chose, ils le font.

Avant, les grosses affluences, c’était surtout pour les matches européens. Aujourd’hui, on dépasse les 2 000 spectateurs de moyenne même en TOPLYGA. C’est très motivant pour nous, joueurs. Le football est bien plus agréable devant un public passionné que dans un stade vide. La nouvelle direction mérite d’être saluée pour avoir créé cette ambiance. Espérons qu’ils continueront à faire leur part, pendant que nous, on rendra aux supporters sur le terrain avec de bonnes performances.

Au premier tour de qualification de l’UEFA Conference League, Žalgiris a hérité de Petrovac (Monténégro). Que savez-vous de cet adversaire et comment évaluez-vous cette double confrontation ?

Quel que soit l’adversaire, l’approche doit rester la même. On doit entrer sur le terrain, se battre sur chaque ballon et montrer la meilleure version de nous-mêmes. Tout le monde attend le football européen. Chaque joueur rêve de disputer ces compétitions. Certains n’en ont jamais l’opportunité, donc pour nous c’est un privilège, et il faut en profiter au maximum.

Les matches européens peuvent changer la carrière d’un joueur. Une bonne performance peut ouvrir la porte à un départ à l’étranger ou à un plus grand club. Concernant Petrovac, on va les analyser en profondeur. Je suis sûr que le staff préparera tout en détail, et ensuite ce sera à nous d’identifier leurs faiblesses et de les exploiter.

Vous avez déjà acquis un peu d’expérience en coupes d’Europe. Pensez-vous que ça vous donne un avantage, ou chaque campagne européenne ressemble-t-elle à un nouveau départ ?

J’ai joué en Europe avec Kauno Žalgiris et Šiauliai. Chaque campagne est différente. Dans tous ces matches, on était considérés comme outsiders. Aujourd’hui, j’ai plus d’expérience, et j’ai aussi joué des matches internationaux avec l’équipe nationale. Ça change votre état d’esprit. Vous êtes plus calme, plus concentré, et encore plus déterminé à vous prouver. Je ne dirais pas que j’ai une grande expérience européenne, mais celle que j’ai, c’est forcément mieux que de ne pas en avoir.

Žalgiris commence sa campagne européenne au premier tour de qualification de l’UEFA Conference League. Quel parcours vous semblerait réaliste et réussi ?

Personnellement, je pense qu’on doit passer le premier tour. Ce ne sera évidemment pas facile, mais je ne perds pas de temps à penser à une élimination. Si on parvenait à atteindre le troisième tour de qualification en gagnant deux confrontations, je considérerais ça comme une très belle performance. Je ne sais pas quels objectifs la direction du club a fixés, mais pour moi, ce serait déjà une campagne réussie.

Bien sûr, on aimerait tous revivre les beaux parcours européens que Žalgiris a connus par le passé. À l’époque, le club entrait par les tours de qualification de la Ligue des champions. Mais le football est plein de surprises, donc tout est possible.

Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux fans à l’approche du début de la campagne européenne ?

Mon message est simple : venez au stade et soutenez-nous. Quoi qu’il arrive sur le terrain, je promets aux supporters qu’ils verront une équipe qui se bat sur chaque ballon et qui donne tout. Leur soutien compte énormément pour nous et nous donne une motivation supplémentaire. On veut s’appuyer sur cette ambiance pour réussir quelque chose de spécial ensemble et fêter des victoires importantes avec nos fans.

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