Cap sur l’Europe : Fabien Ourega sur la période difficile du Kauno Žalgiris, une nouvelle ère et des rêves européens

Cap sur l’Europe : Fabien Ourega sur la période difficile du Kauno Žalgiris, une nouvelle ère et des rêves européens
Photo : S.Čirba. Design réalisé par Baltic Football News.

Par Titas Teiten

Mardi, le football de Kaunas s’apprête à entrer dans une nouvelle ère. Sacré champion de Lituanie pour la première fois de son histoire la saison dernière, le FK Kauno Žalgiris va enfin faire ses débuts très attendus en UEFA Champions League. Malgré un début de campagne domestique étonnamment agité, les attentes restent élevées. Partout en Lituanie, les fans partagent le même espoir : voir un autre club lituanien atteindre la phase de groupes d’une compétition européenne.

Kaunas n’est pas étranger aux soirées européennes marquantes. Si la ville est surtout connue pour sa tradition basket, elle a aussi connu de beaux exploits footballistiques dans les années 2000 avec le FBK Kaunas. Même si ce club n’existe plus, le FK Kauno Žalgiris s’est imposé comme le nouveau porte-drapeau de la ville, et peut-être le plus grand espoir du football lituanien sur la scène internationale.

Le titre de champion de Lituanie en 2025 a constitué une étape majeure pour le club, à la fois en termes d’ambition sportive et de crédibilité. Aujourd’hui, le FK Kauno Žalgiris est largement considéré comme l’une des organisations sportives à la croissance la plus rapide et les mieux structurées de la région baltique. Mais malgré ces avancées, la saison 2026 a été tout sauf tranquille. Au lieu de capitaliser sur la réussite de l’an passé, le club s’est retrouvé plongé dans une crise inattendue.

Tout semblait pourtant bien lancé. Kauno Žalgiris a remporté la Supercoupe de Lituanie et pris 22 points sur ses huit premiers matches de TOPLYGA, avec l’allure d’un champion en titre décidé à conserver sa couronne. Puis l’élan s’est brisé. Un nul face à Banga Gargždai début mai a marqué le début d’une série catastrophique sans victoire. Le club a ensuite enchaîné huit matches de championnat consécutifs sans succès, avec cinq nuls et trois défaites.

Cette mauvaise passe a fini par provoquer un gros changement sur le banc. Après une nouvelle défaite contre Banga Gargždai le 17 juin, l’entraîneur Eivinas Černiauskas a annoncé son départ, poussant le club à lancer la recherche d’un nouveau technicien. Cette quête s’est conclue avec la nomination de l’expérimenté coach croate Željko Sopić. Sa mission est claire : remettre Kauno Žalgiris sur le chemin de la victoire et mener le club vers une campagne européenne réussie.

Alors que le club pointe à la troisième place de TOPLYGA avec 28 points en 18 matches, les regards se tournent désormais vers l’Europe. Au premier tour préliminaire de l’UEFA Champions League, Kauno Žalgiris affrontera le champion du Kosovo, Drita, avec un match aller à Kaunas le 7 juillet et un retour à Gjilan une semaine plus tard. Le défi sera de taille. La saison dernière, Drita a atteint la phase à élimination directe de l’UEFA Conference League — une performance qu’aucun club lituanien n’a jamais réalisée — avant d’être finalement éliminé par le NK Celje, où évoluent les internationaux lituaniens Artemijus Tutyškinas et Armandas Kučys.

Pour autant, Kauno Žalgiris a toutes les raisons de croire en ses chances de qualification. Contrairement à Drita, encore en pleine préparation estivale au rythme des matches amicaux, le champion lituanien est déjà bien engagé dans sa saison domestique et devrait bénéficier d’un avantage en termes de rythme. Avec autant d’enjeu, franchir ce premier obstacle pourrait transformer les ambitions européennes du club en véritable opportunité.

Avant cette double confrontation historique, le milieu Baltic Football News a échangé avec l’ailier du Kauno Žalgiris Fabien Ourega, qui est revenu sur la saison compliquée de l’équipe, l’arrivée d’un nouvel entraîneur et des rêves européens toujours bien présents.

Votre saison a été faite de hauts et de bas. En tant que joueur, comment expliquez-vous un tel changement de forme ?

Je ne pense pas qu’il y ait une seule raison principale qui explique tout. Après les premières rencontres, qui étaient excellentes, je pense qu’on a un peu levé le pied. Peut-être qu’on a commencé à croire qu’on était meilleurs qu’on ne l’était réellement. Les adversaires ont aussi eu plus de temps pour analyser notre jeu et se sont beaucoup mieux préparés pour nous affronter. Globalement, je dirais aussi qu’on n’a pas eu de chance.

Comment ce manque de chance s’est-il manifesté à ce moment-là de la saison ?

Honnêtement, je ne sais pas. Quand je revois nos matches, je vois qu’on se créait toujours beaucoup d’occasions : la différence, c’est qu’en début de saison on les mettait au fond. Peut-être que c’était une question de confiance. Quand tu enchaînes un match sans gagner, puis un autre, ça s’accumule. On a sûrement trop précipité les choses et on a manqué de calme devant le but.

Quand avez-vous appris que l’entraîneur Eivinas Černiauskas allait partir ? Quelle a été votre première réaction ?

Avec le recul, c’est le football. Quand les résultats ne suivent pas, c’est souvent l’entraîneur qui paie en premier, pas les joueurs. Ça a été le cas pour nous. Je n’ai pas grand-chose de plus à ajouter. C’est une décision qui a été prise par la direction du club.

Quelles sont vos premières impressions sur le nouvel entraîneur ? Avez-vous eu l’occasion de parler avec lui ? Qu’est-ce qui vous a marqué jusqu’ici ?

Il vient d’arriver. Il est venu avec ses idées, et je pense qu’il a une bonne philosophie de jeu. En termes de personnalité et de caractère, il est complètement différent du coach précédent. Un nouvel entraîneur apporte toujours une énergie nouvelle au groupe. Tout le monde se bat à nouveau pour sa place à l’entraînement, et on sent clairement qu’il y a une nouvelle dynamique dans l’effectif.

Changer d’entraîneur juste avant des matches européens : ça peut donner un coup de boost à l’équipe, ou ça rend la préparation plus difficile ?

On ne peut pas vraiment le savoir tant qu’on n’a pas les résultats. Globalement, je pense que ça peut apporter une énergie nouvelle. Un nouveau coach, c’est toujours positif parce que tout le monde se bat pour regagner sa place. Pour les joueurs qui jouaient peu avant, ça peut être une opportunité de se montrer. En même temps, les titulaires habituels veulent aussi prouver qu’ils méritent de garder leur place dans le onze. D’une certaine façon, on a l’impression que c’est le début d’une nouvelle saison.

Le club a connu plusieurs départs et arrivées ces dernières semaines. Avez-vous le sentiment qu’un nouveau cycle démarre ?

Je pense que les départs étaient déjà prévus et n’étaient pas liés à l’arrivée du nouveau coach. Concernant les recrues, je crois que ce sont des joueurs de qualité. Ils s’entraînent avec nous et s’intègrent progressivement. C’est le type de joueurs dont on avait besoin pour renforcer l’effectif.

Votre ancien coéquipier à Vilnius, Renan Oliveira, a rejoint le club. Quelle a été votre réaction en apprenant la nouvelle, et quelles qualités peut-il apporter à l’équipe ?

J’ai été vraiment content quand j’ai appris qu’il arrivait. C’est un joueur que je connais déjà très bien, et on a déjà connu le succès ensemble par le passé. Il apporte de l’expérience à l’effectif, et sa qualité sur le terrain va clairement nous aider. Il est capable de marquer des buts, et il l’a déjà montré contre TransINVEST. C’est un profil différent de ce qu’on avait avant, et je pense que ça peut vraiment servir l’équipe.

En UEFA Champions League, vous allez affronter Drita, une équipe qui a réalisé une campagne européenne impressionnante la saison dernière. Avez-vous déjà commencé à les analyser ? Quel type de défi attendez-vous ?

Je connais le club grâce à ses récentes performances en Europe. Mais je ne pense pas que ce soit la bonne approche de se focaliser entièrement sur ce match dès maintenant. Il faut avancer étape par étape. Peu importe l’adversaire, il faut s’attendre à un match difficile, parce que ça reste la Ligue des champions. À ce niveau-là, toutes les équipes ont de la qualité.

Qu’est-ce qui devra être différent dans votre jeu pour réussir en Europe ?

Je pense que tout se joue sur les petits détails. L’expérience est importante, mais au foot il faut aussi un peu de chance. Les attentes seront élevées, donc si on veut aller loin, il faudra être encore plus concentrés. Il faudra être tueurs quand les occasions se présentent, et aussi être solides défensivement.

Démarrer votre campagne européenne en Champions League vous ouvre davantage de chemins pour continuer en Europe. Malgré les difficultés rencontrées cette saison, avez-vous le sentiment que se qualifier pour une compétition européenne est indispensable ?

Bien sûr. C’est toujours mieux de commencer en Champions League parce que ça offre plus d’opportunités. Le club a de grandes attentes envers nous, joueurs, et on fera tout pour y répondre. Si on passe le premier tour, je pense qu’on aura une très bonne chance de vivre une belle campagne européenne. Mais d’abord, il faut jouer les matches, et on donnera tout.

Quel message souhaitez-vous adresser aux supporters avant ces deux matches européens ?

Je veux leur dire de venir au stade, parce que ce ne sont pas des matches que ce club a l’occasion de jouer tous les jours. Ce sera la première fois dans l’histoire du club qu’on disputera les tours préliminaires de la Champions League. C’est un moment spécial, et on aura besoin de nos supporters derrière nous. Obtenir un bon résultat à Kaunas sera crucial, et leur soutien peut faire toute la différence.

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