Vilnius Žalgiris cherche toujours des réponses

Vilnius Žalgiris cherche toujours des réponses
FK Žalgiris Vilnius vs FK Sūduva Marijampolė. Photo : fkzalgiris.lt.

par Mantas Aliukonis

Après sept journées de championnat, l’équipe de la capitale se trouve exactement là où ses performances indiquent qu’elle doit être – dans le top 5. Les chiffres ne mentent pas. Critiquer la direction du club de Vilnius est, au minimum, déplacé et de mauvais ton. Tout simplement, ils ne mesurent pas pleinement d’où ils viennent. Tout le monde a l’allure – costumes, apparences, présentations – mais il va falloir travailler. Tout le monde ne peut pas être directeur, et il y a encore énormément de travail.

Ce texte vise à expliquer comment, avec l’effectif actuel, il est possible d’essayer d’obtenir de meilleurs résultats. Une attention particulière est portée à deux des joueurs les plus importants de Vilnius Žalgiris – le meilleur joueur d’A Lyga 2024, Paulius Golubickas, et le milieu défensif Yury Kendysh – ainsi qu’à la manière dont leurs rôles pourraient être mieux définis dans la structure tactique de l’équipe.

Le système en losange

L’une des solutions proposées est un milieu en losange. Il pourrait être utilisé dès le coup d’envoi et ajusté de manière dynamique au fil du match.

Un tel système exige des latéraux offensifs des deux côtés, à l’image de la manière dont Džiugas Telšiai utilise ses latéraux. Dans le cas de Žalgiris, il s’agit de Saba Mamatsashvili et Klaudijus Upstas en phase de possession. Si l’un des deux n’est pas en mesure d’assumer ce rôle, il faudra trouver des alternatives dans l’effectif.

Dans cette configuration, Žalgiris ne s’appuierait pas sur des ailiers traditionnels. À la place, des joueurs comme Upstas apporteraient la largeur, tandis que Golubickas repiquerait dans l’axe, dans son rôle naturel entre le milieu et l’attaque, en occupant les zones de 8 à 10.

La structure pourrait ressembler à ceci : Mamatsashvili arrière gauche, Turda (ou Pavilionis/Matyžonok aux côtés d’un autre défenseur central) et Bosančič dans l’axe, Upstas à droite, Capan et Kendysh au milieu, Verbickas un cran plus haut, Golubickas dans le rôle axial offensif, Šešplaukis excentré, et Antal en pointe. Le gardien Šarkauskas évoluerait en sweeper-keeper, en jouant haut quand nécessaire et en participant à la construction.

Golubickas évoluerait enfin dans sa zone naturelle, mais cette saison il peine à retrouver son impact d’avant. Le principal problème est le manque de mouvement autour de lui. Ses coéquipiers ne lui offrent pas des solutions de passe à temps, ce qui l’oblige à garder le ballon plus longtemps que nécessaire, à subir les contacts et à perdre en efficacité. Le jeu de Žalgiris est devenu statique, avec des joueurs qui attendent souvent au lieu de bouger, en espérant que Golubickas crée quelque chose à partir de rien.

L’utiliser sur un côté est aussi inefficace que demander à Kendysh d’occuper un rôle défensif très bas.

Golubickas lui-même a admis qu’il devait améliorer sa finition et se montrer plus tranchant dans les situations de tir. Depuis son plus jeune âge, on lui a appris à privilégier la création d’occasions pour ses coéquipiers, mais il reconnaît désormais qu’il doit devenir plus égoïste face au but. Son imprévisibilité est bien là, mais sa confiance sur les frappes lointaines doit grandir.

Il a également reconnu qu’un excès de responsabilités jouait parfois contre lui. Il dépense trop d’énergie sur des aspects qui n’apportent pas de valeur, au lieu de se concentrer sur ses points forts. Cela se traduit par des courses inutiles et des efforts mal orientés sur le terrain. Avec l’expérience, il espère corriger cela.

Rôles au milieu et problèmes structurels

Le week-end dernier, contre Kauno Žalgiris, l’équipe a montré quelques progrès, notamment dans le mouvement. Si M. Šetkus avait converti son occasion en première période, le match aurait peut-être pris une autre tournure. Cependant, les deux buts encaissés après la pause ont finalement scellé l’issue.

Beaucoup de joueurs sont capables d’évoluer à plusieurs postes, mais chacun a ses rôles de prédilection. L’un des leaders de Kauno Žalgiris, Gratas Sirgėdas, par exemple, a historiquement toujours été plus efficace dans l’axe, mais il est désormais souvent utilisé dans les couloirs – à l’image de Golubickas. Ce repositionnement est probablement lié à des caractéristiques physiques, mais il réduit leur efficacité globale.

Kendysh reste l’une des figures clés du milieu. S’il manque de vitesse dans le travail défensif, il compense par sa puissance physique, son jeu aérien et son excellente vision. Avec le ballon, il dicte le tempo et prend les bonnes décisions, dans un rôle de régulateur.

Capan, en revanche, manque d’agressivité et de constance dans les duels. S’il a réalisé une première période solide contre Kauno Žalgiris, des questions demeurent sur son apport global. Son recrutement lui-même interroge, surtout quand on sait que le club a payé une indemnité de transfert pour un joueur dont le profil pourrait potentiellement être développé en interne.

Cela mène à une problématique plus large – la motivation au sein de l’effectif. Si les joueurs du centre de formation ne bénéficient pas de vraies opportunités, quelle incitation ont-ils à progresser ? À moins de disposer de soutiens influents, leurs chances restent limitées, et ces joueurs percent rarement sur le long terme.

Structure, profondeur et potentiel manqué

L’équipe continue de souffrir d’une mauvaise répartition des rôles. Šetkus n’est pas inférieur à l’option défensive actuelle sur le côté gauche, davantage tournée vers l’attaque et en difficulté défensivement. Ce type de joueur devrait être utilisé plus haut sur le terrain.

Dans le système en losange, Mamatsashvili serait mieux utilisé, tandis que Šešplaukis évoluerait plus haut, et Antal resterait le joueur le plus proche du but. Le triangle du milieu composé de Kendysh, Verbickas et Capan apporterait de l’équilibre.

En défense centrale, au moins un joueur lituanien comme Pavilionis devrait être aligné aux côtés des étrangers, car il a déjà prouvé sa qualité.

La structure offensive pourrait évoluer vers une forme en 3-2-5, avec trois défenseurs derrière, deux milieux devant eux, et cinq joueurs offensifs créant largeur et profondeur. Cela garantirait de la compacité et permettrait un pressing efficace à la perte, à l’image de l’approche de Džiugas.

Žalgiris dispose d’une profondeur d’effectif nettement supérieure à celle de la plupart des équipes du championnat, mais cet avantage n’est pas pleinement exploité. Des joueurs comme Matyžonok restent sous-utilisés malgré leur polyvalence. Jadis salué même par des représentants de Manchester United, il pourrait être relancé efficacement dans différents rôles.

Jarusevičius, qui a affiché de bonnes performances la saison dernière, est lui aussi rarement utilisé. Pendant ce temps, l’absence de Zahary, en raison d’une grave blessure au cartilage du genou, ajoute encore de l’incertitude, alors que les délais de retour restent flous.

L’échec à recruter un nouvel attaquant lors du mercato hivernal laisse penser que les ambitions du club ont déjà été revues à la baisse en silence.

Au-delà du terrain

Si l’équipe peine à s’adapter au gazon naturel, des solutions d’entraînement existent – comme l’utilisation du stade Saulėtekis. Mais cela exigerait de vraies décisions, notamment pour améliorer les infrastructures et l’état du terrain.

Les blessures ne doivent pas être imputées à des facteurs extérieurs. Elles reflètent des problèmes internes – processus d’entraînement, gestion de la charge et systèmes de récupération.

La structure de l’académie doit elle aussi être améliorée. La détection, le développement et l’intégration des talents doivent gagner en efficacité. Aujourd’hui, les jeunes joueurs voient peu de passerelles vers l’équipe première, ce qui affecte leur motivation. Beaucoup finissent par détourner leur attention du football.

De courtes entrées en jeu ne construisent ni confiance ni rythme. Sans opportunités régulières, la progression s’arrête.

Le tableau d’ensemble

Žalgiris semble privilégier l’image au détriment du fond. L’investissement dans les médias, les événements et la visibilité éclipse les fondamentaux du football – recrutement, développement et planification à long terme.

Malgré d’importants financements publics, la responsabilité reste faible. Les mauvais résultats entraînent peu de conséquences, et les objectifs peuvent être réajustés en cours de saison.

Dans le même temps, il existe peu de transparence concernant les décisions financières ou les pratiques des précédentes directions. Aucune communication claire sur d’éventuels audits ou changements structurels n’a été présentée.

Le club continue de s’appuyer sur des méthodes dépassées et des visages familiers, plutôt que de faire venir de nouvelles compétences. Pendant ce temps, Kauno Žalgiris progresse dans presque tous les domaines – et l’écart continue de se creuser. Vilnius Žalgiris ne manque pas de talent. Vilnius Žalgiris ne manque pas de ressources. Ce qui lui manque, c’est une direction. Et tant que cela ne changera pas, aucun système tactique ne suffira à corriger ce qui relève fondamentalement d’un problème structurel.


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