Le dôme gonflable de la RATO arena, à Riešė en Lituanie (24 km au nord de Vilnius), s’est effondré vendredi pendant une séance d’entraînement du club de Toplyga TransINVEST, contraignant les joueurs à évacuer l’enceinte après que la structure se serait déchirée sous une lourde masse de neige glissante.
Selon sportas.lt, le dôme a cédé alors que l’entraînement était en cours. Les joueurs ont tenté de quitter la pelouse le plus vite possible, mais la sortie par une seule porte s’est révélée compliquée. Des témoins ont ensuite décrit un épisode très stressant, soulignant que « cela aurait pu bien plus mal finir ». Aucune blessure n’a été signalée.
Conséquence de l’incident : TransINVEST et Riteriai, qui préparaient la saison dans cette installation basée à Riešė, doivent désormais trouver des sites d’entraînement alternatifs. TransINVEST a confirmé que les séances de la semaine prochaine auront lieu dans la salle couverte de Sportima.
La RATO arena a ouvert ses portes en mars dernier.
Alors que Vilnius, comme le reste de la région, a connu d’importantes chutes de neige la veille, l’effondrement d’un hall gonflable tout neuf remet une nouvelle fois sur la table le débat entre structures temporaires et infrastructures permanentes pour le football d’hiver.
Les dômes à air sont généralement conçus pour résister, en conditions normales d’exploitation, à des charges de neige d’environ 20 à 40 kg par mètre carré. Mais la neige humide peut peser 100 kg par mètre cube ou plus, et une accumulation rapide – surtout lorsqu’elle se combine à de la neige qui glisse depuis des surfaces de toiture adjacentes – peut dépasser les tolérances structurelles en quelques minutes. Quand les charges excèdent les limites de conception ou qu’un dommage touche la membrane, la pression d’air interne (habituellement maintenue à 250-500 Pascals au-dessus de la pression atmosphérique) chute rapidement, entraînant un dégonflement progressif.
Le coût de construction est la principale raison de leur popularité. Un dôme de football à air couvrant un terrain aux dimensions standard (environ 7 000-9 000 m²) coûte généralement entre 1 et 3 millions d’euros, selon le niveau d’isolation et l’équipement. À titre de comparaison, un hall de football permanent, de taille similaire, en charpente métallique, peut coûter de 6 à 12 millions d’euros, voire davantage. Les délais d’installation diffèrent aussi nettement : une structure gonflable peut être montée en quelques mois, tandis qu’un hall rigide demande souvent un an ou plus.
Les coûts d’exploitation varient. Les dômes à air nécessitent un système de soufflerie en continu, des générateurs de secours et du chauffage. Les coûts annuels d’énergie et de maintenance sont couramment estimés entre 100 000 et 250 000 euros, selon le climat. La durée de vie de la membrane est en général de 10 à 15 ans avant qu’un remplacement majeur ne devienne nécessaire. À l’inverse, les halls rigides affichent des coûts de construction initiaux plus élevés, mais une vulnérabilité moindre aux aléas météo et aucune dépendance à une pression d’air maintenue en continu.
Des incidents similaires à l’effondrement de Riešė se sont produits à l’international. Le Minneapolis Metrodome s’est effondré en 2010 après l’accumulation d’environ 40 centimètres de neige. Des défaillances comparables ont été signalées au Canada, en Scandinavie et en Irlande, le plus souvent liées à des charges de neige exceptionnelles ou à des coupures de courant. Si l’évacuation est souvent possible avant la rupture complète de la structure, les réparations peuvent prendre des mois et coûter des centaines de milliers d’euros.
Pour les municipalités et les clubs aux budgets limités, les halls gonflables élargissent considérablement l’accès au football toute l’année. Ils sont plus rapides à construire et financièrement plus accessibles que des enceintes permanentes. Mais leur fiabilité dépend fortement de la surveillance météo, de protocoles actifs de déneigement, d’une alimentation électrique ininterrompue et d’un contrôle strict de l’exploitation.
En Lituanie, il n’existe que deux halls permanents – Sportima à Vilnius et la salle de Marijampolė à Marijampolė. La Lettonie et l’Estonie en ont un chacun – Skonto et Paide respectivement, même si d’autres sont prévus ou en construction.