Par Titas Teiten
Au moment où Edgaras Jankauskas a dévoilé sa liste vendredi, la sélection lituanienne se tourne vers ses premiers rendez-vous de l’année. Les résultats compteront forcément, mais une question plus large demeure : cette campagne marquera-t-elle une vraie rupture avec les difficultés de 2025 ?
Les amicaux de mars contre la Moldavie et la Géorgie n’auront peut-être pas d’enjeu compétitif, mais ils peuvent offrir un premier indice sur l’identité de l’équipe avant un calendrier bien plus exigeant plus tard dans l’année.
Un besoin de progrès concrets
Malgré les ambitions relancées pour 2026, une exigence surplombe toutes les autres : améliorer les résultats. La définition de ce « mieux » ne souffre ici d’aucune ambiguïté. La Lituanie n’a remporté aucun match sur l’ensemble de l’année 2025. Les nuls contre Malte et Israël, ainsi qu’une défaite encourageante 2:3 à domicile face aux Pays-Bas, ont apporté quelques motifs d’espoir, mais aucune victoire.
En réalité, le dernier succès lituanien remonte à l’été 2024, avec une victoire 2:0 contre la Lettonie en demi-finales de la Baltic Cup.
Le style de jeu de l’équipe n’a pourtant pas été dénué de promesses. Il y a eu des idées visibles, une structure, et un réel investissement du staff. Mais dans le football international, les prestations seules suffisent rarement à contenter les supporters. Sans résultats, l’optimisme reste fragile.
Une série de 17 matches consécutifs sans victoire a forcément alimenté les questions autour de l’avenir de Jankauskas. Cependant, en l’absence d’alternative claire et avec le soutien maintenu de la Fédération lituanienne de football, l’ancien international reste en poste, au moins jusqu’à la fin de son contrat actuel plus tard cette année.
De la continuité dans la liste avec quelques nouveautés
La sélection de Jankauskas pour les matches de mars correspond largement aux attentes, même si elle intègre quelques nouveaux visages.
Parmi eux, le latéral gauche de 24 ans Žygimantas Baltrūnas, de FK Sūduva Marijampolė, ainsi que le milieu de 20 ans Lukas Michelbrink, actuellement à FC Energie Cottbus. Ce dernier, formé à la Hertha Berlin academy, a déjà représenté la Lituanie chez les U-19 et les U-21 et apporte un profil intéressant, entre bagage technique et éligibilité internationale.
Le retour d’Armandas Kučys en attaque est particulièrement notable. De nouveau opérationnel avec NK Celje, il avait manqué une grande partie de l’année 2025 après une rupture du ligament croisé antérieur contractée lors d’un match contre la Finlande. Son retour offre une option offensive dont l’équipe avait bien besoin.
Il y a toutefois des absences marquantes. L’ailier Artūr Dolžnikov, de Sigma Olomouc, a été laissé de côté, probablement en raison de préoccupations physiques après une blessure récente. Sa vitesse et sa percussion représentent un profil bien spécifique dans le dispositif lituanien, ce qui peut rendre son absence significative.
Deux tests, deux défis différents
Le programme de mars de la Lituanie propose deux adversaires au profil très différent.
Le 26 mars, les Lituaniens se déplaceront pour affronter la Moldavie, actuellement 158e nation mondiale. Comme la Lituanie, la Moldavie peine à obtenir des résultats, sa dernière victoire remontant elle aussi à 2024, avec un court succès contre l’Andorre en Nations League. Sur le papier, c’est un match que la Lituanie devra gagner.
Trois jours plus tard, le niveau montera d’un cran avec la venue de la Géorgie. Classée 73e au niveau mondial, la Géorgie s’est affirmée comme une sélection de plus en plus compétitive, comme l’a illustré sa participation à l’UEFA Euro 2024. Même si elle n’a pas réussi à se qualifier dans son groupe des éliminatoires de la 2026 FIFA World Cup, terminé derrière l’Espagne et la Türkiye, son effectif présente une vraie qualité.
En tête d’affiche, Khvicha Kvaratskhelia, largement considéré comme l’un des ailiers les plus enthousiasmants d’Europe. À ses côtés, l’attaquant Georges Mikautadze de Villarreal CF et le gardien Giorgi Mamardashvili de Liverpool FC.
La Lituanie pourra néanmoins s’appuyer sur le Darius and Girėnas Stadium de Kaunas. Si la Géorgie aborde cette affiche avec le statut de favorite, la Lituanie peut malgré tout voir ce match comme une occasion d’aller chercher un nul, voire de créer la surprise.
Construire avant une année cruciale
Si les matches amicaux ont une portée compétitive limitée, leur importance comme outil de préparation ne doit pas être sous-estimée. Le mois de juin apportera la Baltic Cup, un trophée que la Lituanie n’a plus soulevé depuis 2010, et qui conserve une forte valeur symbolique.
Ensuite, l’attention se portera sur l’UEFA Nations League. Pour la Lituanie, cette compétition représente à la fois un défi et une opportunité. Éviter une nouvelle désillusion, et obtenir la promotion dans un groupe avec le Liechtenstein et l’Azerbaïdjan, sera essentiel pour réorienter la trajectoire de la sélection.
Au final, ces rendez-vous de mars ne définiront peut-être pas l’année de la Lituanie, mais ils peuvent clairement en donner le ton.