Moins d’un an après son lancement à Londres, BaltixSport déménage définitivement en Lituanie. Les fondateurs, Tautvydas Poniškaitis et Becca Fields-Poniškaitis, veulent renforcer leur travail auprès des jeunes footballeurs baltes en quête d’opportunités dans le système universitaire américain.
L’agence a été créée pour mettre en relation des joueurs de Lituanie, de Lettonie et d’Estonie avec des programmes universitaires américains et des opportunités de bourses. Mais après des mois à faire des allers-retours entre le Royaume-Uni et les pays baltes, Tautvydas et Becca expliquent qu’il est vite devenu évident que l’activité devait être basée au plus près des athlètes et des familles qu’elle accompagne.
« Ce n’est pas un déménagement temporaire », ont-ils insisté. « C’est même plus qu’un investissement à long terme. C’est un retour à la maison. »
Depuis son lancement l’été dernier, BaltixSport a signé quatre athlètes et en a placé un, Karolis Zukauskas, dans un programme en Géorgie (USA). Les trois autres devraient intégrer des programmes universitaires américains à l’automne 2028, tandis que Poniškaitis annonce que d’autres officialisations de joueurs sont attendues dans les prochaines semaines.
Le déménagement en Lituanie permettra au duo d’assister à davantage de matches, séances d’entraînement et événements d’académies, tout en nouant des relations plus étroites avec les clubs, les écoles, les joueurs et les parents dans toute la région. Selon Poniškaitis, l’un des principaux défis reste la faible connaissance, chez les athlètes baltes, de la filière universitaire américaine.
« Les athlètes de toute la région ont le talent et la discipline nécessaires, sur le terrain comme en classe, pour réussir dans les programmes universitaires de soccer aux États-Unis », a-t-il souligné. « Notre mission est de donner à ces athlètes et à leurs familles toutes les informations dont ils ont besoin sur cette voie, afin qu’ils puissent prendre une décision éclairée pour leur avenir. »
Les fondateurs veulent aussi casser l’idée selon laquelle seuls les profils d’élite peuvent franchir le pas, ou que cette voie serait automatiquement trop coûteuse.
« La plus grande idée reçue à laquelle on se heurte, c’est qu’il faut être le prochain Messi ou Ronaldo, sinon jouer dans une université américaine vous coûtera un bras », a expliqué Poniškaitis. « Plus de 2 000 universités aux États-Unis proposent des bourses de soccer. Il y a clairement un niveau pour tout le monde aux États-Unis. »
La réaction varie selon les pays baltes. BaltixSport explique que les partenaires lituaniens ont été prompts à adopter cette option, que les athlètes estoniens se montrent ouverts mais davantage préoccupés par l’éloignement du domicile, tandis que l’intérêt letton est pour l’instant venu davantage de joueurs et d’entraîneurs individuels que des académies.
Dans toute la région, beaucoup de joueurs souhaitent encore explorer des opportunités professionnelles avant d’envisager la voie universitaire américaine. Les fondateurs assurent soutenir cette démarche et voient la filière américaine comme une option, pas comme un substitut à l’ambition professionnelle.
L’expérience personnelle de Poniškaitis reste au cœur du travail de l’agence. Athlète balte ayant obtenu une bourse et décroché un diplôme en quatre ans aux États-Unis, il connaît de l’intérieur le processus de recrutement et la transition vers la vie d’étudiant-athlète.
Le duo affirme ne pas avoir l’intention de s’étendre au-delà des pays baltes, mais veut construire une activité régionale durable, centrée sur la création d’opportunités pour les joueurs locaux. Leur conseil à ceux qui envisagent les États-Unis est simple : s’y prendre tôt.
« Le processus de recrutement universitaire aux États-Unis est long et compliqué », a rappelé Poniškaitis. « Commencer entre 15 et 16 ans est idéal. »
Pour BaltixSport, ce déménagement est un pari : la meilleure façon de construire la passerelle vers l’Amérique, c’est de le faire à la maison – sur les terrains d’académie, dans les échanges avec les parents, et par une présence régulière au sein de la communauté du football balte.